Rapport du CEREMA sur les petites lignes ferroviaires : décentraliser mais recentrer

14/09/2020/Solmaz RANJINEH

Le centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA), établissement public sous tutelle du ministère de la transition écologique et solidaire a réalisé cette année, un rapport intitulé : « Quel avenir pour les petites lignes ? Potentiel, technique, gouvernance ».

Ce rapport est issu des travaux menés dans le cadre de deux missions, l’une pour SNCF Réseau dans le cadre d’une convention de partenariat sur l’avenir des lignes de desserte fine du territoire, l’autre pour la Région Normandie dans le cadre d’une convention de recherche et développement relative aux lignes régionales.

Le rapport dresse un constat et des recommandations pour la gestion de ces lignes.

Ainsi, notamment, le CEREMA préconise une « gouvernance claire, intégrée et locale ».

En premier lieu, une centralisation de l’information des différentes fonctions permettrait une meilleure information des usagers par exemple sur l’origine des perturbations : matériel roulant, écran d’affichage, dysfonctionnement du réseau, etc.

En effet, les usagers aspirent à un interlocuteur dédié pouvant les renseigner. Or, actuellement, s’agissant des trains express régionaux, il arrive que les agents en gare n’aient pas l’information d’un retard ou d’une erreur d’affichage, l’origine étant gérée par une autre direction territoriale de SNCF Mobilités ou une autre société du groupe (SNCF Réseau, Gares et Connexions.

En deuxième lieu, le rapport recommande une « gestion intégrée et polyvalente ».

En effet, sur certaines lignes, le principe européen de séparation de l’infrastructure et du service n’est pas adapté. Aussi, le CEREMA identifie les critères favorisant une gestion intégrée des lignes :

  • la vitesse
  • la faible « adhérence » avec le reste du réseau ferré national
  • nombre limité de circulations lourdes et nationales sur la ligne

Cette gestion intégrée passe également par une « polyvalence des salariés » ce qui suppose notamment une certaine fidélité des agents sur le long-terme.

En troisième lieu, le CEREMA considère que le syndicat mixte est un outil pertinent notamment pour les lignes périurbaines mais aussi rurales qui peuvent intéresser différentes collectivités tout en restant dans le giron de « l’autorité organisatrice régionale ». Cette organisation permet d’assurer la cohérence des politiques publiques locales formant ainsi un « terrain propice à la prise en compte du transport ferroviaire dans un projet territorial plus large ».

Ce rapport constitue un outil fort utile pour identifier les actions à mener en vue du développement et de la protection des lignes de desserte fine du territoire.